A.D.G

Publié: 12 février 2010 dans A
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A.D.G.

(initiales du pseudonyme Alain Dreux Gallou), de son vrai nom Alain Fournier dit Camille, est un journaliste et romancier français, né le19 décembre 1947 à Tours1 (Indre-et-Loire), mort le 1er novembre 2004 à Paris, des suites d’un cancer.

A.D.G. fut, pendant une dizaine d’années, l’un des « auteurs-phares » de la Série noire des éditions Gallimard. Il reste célèbre pour avoir représenté une sensibilité de droite, voire d’extrême droite (vers laquelle il évoluera plus nettement dans les années 1980, lorsqu’il deviendra le principal animateur du Front national en Nouvelle-Calédonie). Cette position le singularisait au sein du mouvement de renouveau du roman noir français desannées 1970, un mouvement dominé alors par des écrivains de sensibilité de gauche, d’extrême gauche ou anarchiste, à l’instar de l’autre figure marquante de la Série noire de cette décennie, Jean-Patrick Manchette. Que ce soit dans les titres de ses romans policiers ou dans ses chroniques journalistiques, il est également connu pour sa propension aux jeux de mots.

Après s’être engagé comme enfant de troupe à l’âge de douze ans et être sorti du système scolaire avec pour seul bagage son BEPC, il débute dans la vie active comme employé au Crédit lyonnais, puis exerce les métiers de bouquiniste et de brocanteur. Un temps proche du pamphlétaireMichel-Georges Micberth, qui préside la Jeune Force poétique française, il devient son collaborateur et directeur littéraire aux éditions de la JFPF (de 1966 à 1971), où il écrit sous le pseudonyme d’« Alain Dreux-Gallou », Dreux et Gallou étant les noms de famille de deux de ses grands-parents. Son véritable nom est difficile à porter en littérature, du fait de l’homonymie avec Alain-Fournier, et il conservera donc le sigle de ce pseudonyme, A.D.G., toujours écrit avec trois points, comme nom de plume. Il pensera changer de pseudonyme pour signer du nom d’Alain Camille, mais reviendra rapidement à sa première signature. Camille est d’ailleurs le nom de famille qu’il adoptera légalement, trouvant son patronyme de naissance trop pesant.

Son premier roman, La Divine Surprise, est inspiré des confidences de Jo Attia, truand et résistant dont il rédigeait alors la biographie en qualité de nègre. Faute de connaître sa réelle identité, quelques journalistes imaginatifs émirent un temps l’hypothèse qu’A.D.G. était un pseudonyme pourRaymond Queneau, tandis que d’autres y virent les mémoires d’un ancien truand reconverti dans la littérature.

Dans ses romans, il se garde bien, à l’inverse des autres auteurs de la Série noire, de faire l’éloge du milieu des truands qu’il juge constitué « de sombres idiots, inconséquents, stupides, qui se servent de la gloire que certains auteurs comme Auguste Le Breton et José Giovanni leur ont créée ». Admirateur d’Albert Simonin, A.D.G. parsème ses premiers romans, notamment Les Panadeux, d’expression argotiques.

En 1972, il publie une chronique berrichonne, La Nuit des grands chiens malades, portée au cinéma par Georges Lautner sous le titre Quelques Messieurs Trop Tranquilles, où l’on voit une communauté hippie s’installer dans un petit village et s’opposer à une bande de truands en s’alliant aux paysans du coin. Suit un hommage discret à Louis-Ferdinand Céline, Cradoque’s Band, le récit d’un hold-up, les Trois Badours, publié sous le pseudonyme d’Alain Camille (et depuis réédité sous le nom d’A.D.G.), et un retour en Berry, Berry story. En 1977, il imagine dans le Grand Môme, le retour d’Augustin au pays perdu, hommage et parodie du chef-d’œuvre de son grand aîné.

Dans Pour venger pépère (1980), un roman à suspense que Jean-Patrick Manchette jugea « très cohérent, très abouti, excellent », un jeune avocat au barreau de Tours enquête sur la mort de son grand-père tué lors de la fusillade d’un hold-up. On y aperçoit en arrière plan son personnage fétiche, le journaliste alcoolique et anarchisant Sergueï Djerbitskine, alias Machin (en partie inspiré de son ami Serge de Beketch, mais qui devient un double d’A.D.G. lui-même dans les romans situés en Nouvelle-Calédonie).

En 1981, il s’essaie à un court récit de 100 pages, la Nuit myope, qualifié de « cent pour cent littéraire » par Jean Cochet, qui serait une « sorte d’épopée dérisoire d’un rêveur velléitaire ».

En 1981, il part s’installer en Nouvelle-Calédonie où il entreprend la rédaction d’un roman historique consacré à la colonisation de l’île, Le Grand Sud, qui remportera, à sa sortie en 1987, un succès de librairie. Il prévoyait d’en rédiger une suite mais ne s’arrêtera finalement au premier volume. Les trois romans policiers qu’il publie également entre 1987 et 1991 contiennent des attaques contre les indépendantistes : de l’avis de leur auteur, ces ouvrages ne sont pas, qualitativement, à la hauteur de ses précédents romans. A.D.G. mène sur l’île une activité politique virulente contre les indépendantistes canaques, et se charge d’organiser les sections locales du Front national.

Il retourne en France en 1991. Victime d’une crise d’inspiration, il ne parvient pas à retrouver la motivation pour publier de nouveaux romans et se retrouve un temps au chômage, suite à son licenciement de Minute. Il est le seul auteur de renom de la Série Noire à ne pas être réédité lors du cinquantenaire de la collection en 19972. Il publie en 2003 un nouvel ouvrage se déroulant dans un cadre australien, Kangouroad movie, qui, après une longue absence, marque son vrai retour au roman policier.

Il envisageait la rédaction, avant l’aggravation finale de sa maladie, d’un essai sur l’écrivain Jacques Perret.

En 2007, un dernier roman est publié de manière posthume, J’ai déjà donné… aux éditions Le Dilettante. Celui-ci est une sorte d’apothéose romanesque où se retrouvent les principaux héros de ses précédents romans3.

L’avocat Pascal Delcroix, personnage récurrent de plusieurs de ses romans, a été vu par certains comme inspiré par Éric Delcroix, défenseur fréquent des négationnistes. Or, selon A.D.G. lui-même, il ne s’agissait que d’une coïncidence, le personnage étant inspiré par l’un de ses amis (le père de Loïc Decrauze). De même, il fut reproché d’avoir dédié son livre Joujoux sur le caillou « à Jean-Marie, mon p’tit mec ». Il ne s’agissait non plus pas d’une adresse à Jean-Marie Le Pen comme cela fut écrit, mais au fils d’A.D.G., prénommé ainsi en hommage à son grand-père.

  • 1969 : Lettre ouverte à un magistraillon (Micberth, Illustrations de Bernard Deyriès).
  • 1971 : la Divine Surprise (Gallimard, coll. « Série Noire », n° 1429, rééd. en coll. « Carré Noir », n° 545)
  • 1971 : les Panadeux (Gallimard, coll. « Série Noire », n° 1443, rééd. en coll. « Carré Noir », n° 518)
  • 1972 : la Marche Truque… (Gallimard, coll. « Série Noire », n° 1473, rééd. en coll. « Carré Noir », n° 554)
  • 1972 : la Nuit des grands chiens malades (Gallimard, coll. « Série Noire », n° 1482, rééd. en coll. « Carré Noir », n° 197 sous le titre Quelques messieurs trop tranquilles, rééd. en coll. « Folio », n° 2224) – adapté au cinéma sous le titre Quelques messieurs trop tranquilles
  • 1972 : Cradoque’s band (Gallimard, coll. « Série Noire », n° 1493, rééd. en coll. « Carré Noir », n° 373)
  • 1972 : les Trois Badours (Gallimard, coll. « Série Noire » n° 1544 , rééd. en coll. « Folio policier », n° 229) – Pour la première édition, A.D.G. utilise le pseudonyme Alain Camille.
  • 1973 : Berry Story (Gallimard, coll. « Série Noire », n° 1586)
  • 1974 : Notre frère qui êtes odieux… (Gallimard, coll. « Série Noire », n° 1662, rééd. en coll. « Carré Noir », n° 566, rééd. en coll. « Folio policier », n° 171)
  • 1974 : Je suis un roman noir (Gallimard, coll. « Série Noire », n° 1692, rééd. en coll. « Carré Noir », n° 468)
  • 1976 : L’otage est sans pitié (Gallimard, coll. « Super noire », n° 43)
  • 1977 : le Grand Môme (Gallimard, coll. « Série Noire », n° 1717) – Titre qui était un hommage discret à son homonyme Alain-Fournier
  • 1977 : Juste un rigolo (Gallimard, coll. « Série Noire », n° 1721, rééd. en coll. « Carré Noir », n° 506)
  • 1980 : Pour venger pépère (Gallimard, coll. « Série Noire », n° 1806, rééd. en coll. « Folio policier », n° 153)
  • 1980 : les Enquêtes de l’inspecteur Alfred Beaugat (Dargaud, coll. « Pilote ») – Scénario de textes d’A.D.G., dessins de Loro et North – Réunit :Une Aventure de l’inspecteur Alfred Beaugatle Sale Grand Meaulnesl’Inspecteur Beaugat monte à Paris et Fripe-futaille contre Lèche-douzils
  • 1981 : la Nuit myope (Balland, coll. « L’Instant romanesque », rééd. en 2003 chez Christian Durante, coll. « Poche-numérique »)
  • 1981 : Balles nègres (Gallimard, coll. « Série Noire », n° 1825)
  • 1982 : On n’est pas des chiens (Gallimard, coll. « Série Noire », n° 1862, rééd. en coll. « Folio policier », n° 189)
  • 1987 : Joujoux sur le caillou (Gallimard, coll. « Série Noire », n° 2089) « roman calédonien » de politique-fiction.
  • 1987 : le Grand Sud (Jean-Claude Lattès) roman d’aventures néo-calédonien
  • 1988 : Les Billets Nickelés (Gallimard, coll. « Série Noire », n° 2124)
  • 1988 : C’est le bagne ! (Gallimard, coll. « Série Noire », n° 2134)
  • 2003 : Kangouroad movie (Gallimard, coll. « la Noire ») thriller australien
  • 2007 : J’ai déjà donné (Le Dilettante, 278pp)
  • 2008 : Papiers gommés (Le Dilettante, 320pp)

Source wikipédia

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