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Pour Frank, psychiatre, travailler pour la police a tout du sacerdoce : entre Emma Hancok, le capitaine, une femme dure et ambitieuse, Lucas, le chirurgien plasticien, obsédé par le corps de ses patientes, et Rachel, la strip-teaseuse qui philosophe sur la vie.
En qui peut-il avoir confiance pour retrouver le psychopathe qui terrorise Boston ?
Quand son éthique de médecin se confronte à celle de l’autorité policière, Frank se sent capable de tout surmonter… surtout quand le temps est synonyme de vie ou de mort…
Un suspense intéressant qui inverse les tendances actuelles. Ecrit par un homme, le héros est un homme mais les personnages clés sont des femmes : Emma Hancock, le capitaine de police, Cathy, sa petite amie et Rachel la strip-teaseuse. Le héros a des travers qui s’expliquent par son passé. Enfant battu puis psychiatre trop sensible pour supporter de ne pas pouvoir sauver tous ses patients, il traîne un mal-être qui s’atténue au fur et à mesure de l’enquête. Mais ne croyez pas qu’un psychiatre avec sa conscience de médecin, raisonne comme un flic garant de la sûreté publique.

Critique :

L’auteur, Keith Ablow, expert en psychiatrie criminelle, fut en la matière l’ un des conseillers de Dennis Lehanne, entre autres, pour élaborer la psychologie des personnages des romans de ce dernier. Apparemment, la fièvre de l’écriture a été contagieuse puisque Ablow est désormais l’une des plus grandes révélations en matière de thrillers psychologiques américains, notamment après les gros succès de « Compulsion », de son chef d’ oeuvre « Psychopathe » ainsi que de son nouveau roman paru en France, « Suicidaire », tous publiés par les Editions du Rocher.
Dans « L’ amour à mort », son 1er roman, l’ auteur s’ est particulièrement attaché à décrire son personnage récurrent, le psychiatre Franck Clevenger, anti-héros parfait, luttant toujours avec les démons liés à son enfance durant laquelle il était battu par un père alcoolique et délaissé par une mère absente et indifférente. Malgré sa profession, il n’ a pas encore réussi à vaincre ses nombreuses addictions, à la cocaïne, au jeu ou au sexe tarifé…
Après avoir fermé son cabinet de consultations suite à l’ échec de sa thérapie avec un patient suicidaire dont il se sent encore coupable du passage à l’ acte, il s’ est reconverti en expert psychiatre auprès de la police, qui le sollicite ici pour retrouver un psychopathe qui sème la terreur dans Boston en mutilant ses victimes avec la précision d’ un chirurgien.
On s’ attache très vite à ce personnage de psychiatre meurtri et torturé, oscillant sans cesse entre bien et mal, et dont l’ enquête dont il est chargé va l’ obliger à remuer son passé douloureux et à se remettre en question.
Dans ce premier roman prometteur, Keith Ablow a construit une intrigue tortueuse et machiavélique où il prend le temps de dévoiler la face cachée et parfois très noire de ses personnages, jusqu’ à une chute inattendue, une révélation finale qui se retournera contre Clevenger lui-même et le poussera, une fois l’ identité de l’ assassin éclaircie, à commettre secrètement des actes dont les conséquences dramatiques et désastreuses feront l’ objet d’un second roman, « Psycho killer » (aux Ed. du Rocher), qui constitue en réalité la suite de celui-ci.
En tout cas, une chose est sûre, Keith Ablow est incontestablement un nom à retenir pour tous les amateurs de thrillers psychologiques cauchemardesques!…
Un conseil: après « Psycho killer », ne manquez surtout pas « Compulsion », « Psychopathe » et le tout dernier, « Suicidaire », dans lesquels l’ auteur se surpasse, ce qui lui a valu d’être salué par James Ellroy himself ainsi que Dennis Lehanne…Mais attention aux âmes sensibles!

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