Archives de la catégorie ‘Science Fiction’

REED. FOLIO SF, 2010

Article par Mr.C

Le H2G2 étant devenu un archi-classique, Folio SF a l’opportune idée de ré-ré-rééditer la plus fameuse des parodies science-fictionnesques.

La précédente réédition avait accompagné la sortie du film, en 2004. Cette réédition 2010 des 5 volumes du cycle vient encadrer la parution d’un tome 6, tome écrit (Douglas Adams ayant rejoint ses aïeux) par un jeune écrivain irlandais, Eoin Colfer.
Quoiqu’il en soit, le premier volume du cycle H2G2 reste un chef d’œuvre de non sense à la britannique appliqué à l’univers SF.


Loin de nous l’idée d’émettre une plainte : la réédition de 2004 avait apporté quelques améliorations qualitatives non négligeables.
Parmi les « plus » :

  • une traduction (enfin) révisée. Ce « enfin » est un clin d’oeil à bien des lecteurs du Guide du voyageur galactique qui ont souffert, (le mot n’est pas trop fort et je m’en veux presque de ne pas avoir écrit « enduré ») la traduction originale de Jean Bonnefoy. Attention : ne sortez pas encore les trompettes ! La traduction de JB n’a été que très partiellement « révisée », et le grand nettoyage reste encore à faire (le message est passé chez Gallimard ?). Mais bon, y’a du mieux. Et quel bonheur que « Arthur Dent » s’appelle enfin « Arthur Dent » et non « Arthur Accroc »….
  • une postface de Robbie Stamp, un des producteurs-éxécutifs du film, et un proche de Douglas Adams. Elle nous raconte les péripéties de l’auteur anglais à Hollywood. Comment il batailla, en vain, pendant cinq années, de studios en studios, de script en script, pour amener son livre à devenir un film. Une bataille qu’il remporta de façon posthume puisque que, ironiquement, sa mort prématurée, relança le projet : le film arrive enfin sur les écrans, quatre ans après sa disparition.

« Peuples de la Terre, je réclame votre attention ! dit la voix et c’était merveilleux : un son tétraphonique d’une admirable perfection, avec un taux de distorsion si bas qu’on en aurait pleuré. Ici Prostetnic Vogon Jeltz, du Conseil de planification de l’hyperespace galactique, continua la voix. Comme vous le savez sans doute, les plans de développement des régions périphériques de la Galaxie requièrent la construction d’une voie express hyperspatiale à travers votre système solaire et, malencontreusement, votre planète fait partie de celles qu’on va devoir démolir. L’opération va prendre un peu moins de deux de vos minutes. Merci. »

L’intrigue du Guide est simple puisqu’il n’y en a pas. Le fil conducteur du récit, ce sont les péripéties d’Arthur, dont la maison, puis la planète [riez pas, c’est aussi la vôtre] sont l’une après l’autre rayées de la carte. Arthur se retrouve embarqué sur un vaisseau Vogon. Or les Vogons sont des ET bas-du-front, alternativement violents ou enclins à vous imposer leur insupportable poésie.

« La poésie vogonne est sans conteste la troisième en exécrabilité dans tout l’univers. La seconde étant celle des Azgoths de Kria. (…) La plus exécrable de toutes les poésies disparut en même temps que son créateur, Mme Paula Nancy Millstone Jennings de Greenbridge, Essex, Angleterre, lors de la destruction de la Terre. »

Arthur n’est pas d’un tempérament héroïque, et endure les épreuves les unes après les autres sans bien comprendre, accumulant les rencontres hautes-en-couleur : Zaphod Beeblebrox, un voyou frimeur qui est aussi le Président de la Galaxie en fuite, Marvin, l’androïde dépressif, Slartibartfast, créateur de planète primé, Frankie et Bennie, deux souris qui, comme toutes les souris, sont en fait la matérialisation dans notre dimension de vaste hyperintelligences pan-dimensionnelles, « car toutes ces histoires de fromage et de couinements ne sont qu’une façade ».

Douglas Adams pressure tous les clichés SF pour en extirper l’absurdité et le roman vaut aussi pour les dizaines de courts récits qui le jalonnent et sont autant d’intermèdes drôlatiques.

« Durant quatre mille ans, les puissants astronefs déchirèrent les déserts vides de l’espace pour finalement plonger, hurlants, sur la première planète qu’ils croisèrent – qui se trouvait être la Terre – où, à cause d’une terrible erreur d’échelle, l’ensemble de la flotte de guerre devait être accidentellement avalée par un petit chien. »

L’usine de planètes de Magrathéa, le générateur d’improbabilité infinie (l’invention la plus drôle de l’Histoire de la SF drôle), et bien sûr la réponse de l’I.A. Pensées Profondes à la Grande Question de la Vie, de l’Univers et du Reste, tout cela est d’une drôlerie inénarrable, que j’éviterai donc de vous narrer.

Douglas Adams joue aussi sur les mots : les sentences dépressives de Marvin, les dialogues où personne ne se comprend, l’amabilité terriblement pénible de l’ordinateur de bord, les commentaires des personnages sur leur propre histoire… Et le plaisir du lecteur vient de ce talent que l’auteur a pour raconter très sérieusement des contes à dormir debout.

Notons, pour la petite histoire de l’édition, que c’est la sixième fois que ce roman est réédité en France et que c’est le quatrième titre qu’on lui trouve. Le titre français du Hitch Hicker’s Guide to the Galaxy a en effet connu 4 versions :

  • Le Guide du Routard galactique dans sa première édition française, chez Denoël, collection Présence du Futur, en 1982.
  • Le Routard galactique en 1993 – mais brièvement, à cause d’embrouilles judiciaires venues d’un autre célèbre Guide du Routard, amateur de tourisme terrien celui-là.
  • Sac à dos dans les étoiles toujours en 1993
  • Le Guide galactique en 2000,
  • Enfin, Le Guide du voyageur galactique en 2005, histoire de coller davantage au titre original, et au H2G2 (acronyme de Hitch Hicker Guide to the Galaxy) mis en exergue par la version cinéma.
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Douglas ADAMS

Publié: 26 mai 2010 dans A, Auteurs, Science Fiction
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Douglas Adams est né en 1952 à Cambridge. Il est le fils d’un étudiant en théologie et d’une infirmière. Après de nombreux petits boulots tels que portier dans un hôpital psychiatrique ou nettoyeur d’abris à poulets, il entre à l’université de Cambridge et tente d’intégrer l’équipe des Footlights, la troupe dont sont issus les Monty Python. De cette époque, il garde des liens solides avec Graham Chapman, avec qui il travaille deux ans, et Terry Jones. Il participe à l’écriture de sketchs pour l’émission Monty Python’s flying circus et y fait parfois de la figuration.

À 25 ans, Douglas propose à la BBC une série radio intitulée H2G2 (The Hitchhiker’s Guide to the Galaxy), dont le premier des douze épisodes est diffusé le 8 avril 1978. Cette série devient très vite culte. Ce succès dope la carrière de Douglas Adams qui devient producteur sur Radio 4 et directeur de script sur la série Docteur Who dont il écrit le scénario de plusieurs épisodes. Il collabore aussi à la série animée Docteur Snuggles.

En 1979, Douglas Adams publie le premier tome du cycle H2G2, Le Guide du voyageur galactique, qui comprendra en tout cinq volumes (le dernier a été publié en 1992). H2G2 est adapté sur scène (en pièce de théâtre, en comédie musicale), en série télévisée et en jeu vidéo, adaptations auxquelles Douglas Adams participe activement. H2G2 est aussi adapté en bande dessinée par DC Comics mais l’auteur ne s’intéresse guère à cette adaptation, ce qui lui vaut sans doute un succès moindre. Enfin, un film dont l’écriture a été commencée par Douglas Adams lui même est sorti le 29 avril 2005 aux États-Unis et le 17 août en France (sous le titre H2G2 : le guide du voyageur galactique).

Dans le domaine du jeu vidéo, Douglas Adams est l’auteur d’une adaptation de H2G2 (Infocom, 1984) et d’un jeu original baptisé Bureaucracy (Infocom, 1987). Il revient aux jeux vidéo en 1999 avec Starship Titanic publié par sa propre compagnie The Digital Village. Un roman du même nom, associé à ce jeu, est écrit par Terry Jones. Douglas Adams était aussi un grand fan des jeux vidéo de vie artificielle Creatures.

Il est également un grand amateur de musique (aux goûts variés qui vont de Bach aux Beatles) et guitariste à ses heures (il dispose d’ailleurs à la fin de sa vie d’une jolie collection d’une vingtaine de guitares pour gaucher). Profondément marqué par la culture rock, Douglas a voulu casser avec H2G2 le moule de la comédie classique de la BBC en créant un feuilleton inspiré des innovations rock de l’époque (l’Album blanc des Beatles par exemple). Son amour pour la musique l’a amené à se lier avec de nombreux musiciens (dont David Gilmour, le guitariste de Pink Floyd). Pour ses 42 ans, Douglas a eu un cadeau d’anniversaire particulier : il a pu jouer deux morceaux sur la célèbre scène du Earl’s Court à Londres avec les Pink Floyd !

Douglas Adams se définissait lui-même comme un athée radical. Il a également montré beaucoup d’intérêt pour les théories de Darwin.

En mai 2001, Douglas Adams meurt à 49 ans, d’une crise cardiaque en Californie où il venait de s’installer avec sa femme et sa fille pour collaborer à l’adaptation cinématographique du Guide du voyageur galactique dont il ne vit pas le résultat.

Spécial Laurent GENEFORT

de Olivier GIRARD, Laurent GENEFORT, Jean-Claude DUNYACH, Claude ECKEN, Thomas DAY, Pierre STOLZE, Richard COMBALLOT, Roland LEHOUCQ, Alain SPRAUEL

C’est cette année-là que les Bouches se sont ouvertes. Deux d’abord, une au-dessus du Pacifique et une autre au milieu de la mer de Chine. Rien de grave pour la sécurité mondiale : ce qui en sortait, la plupart du temps, tombait dans un grand « plouf », se débattait quelques secondes avant de se noyer. L’avantage d’avoir beaucoup d’océans…
Le choc a été brutal pour les grandes religions : le choc de l’innocence perdue. Par contre, pour un paquet de sectes, ça a été du pain bénit, tous ces aliens qui déboulaient sur notre belle planète bleue. Mais ensuite, même elles ont été débordées. Trop de variété, trop de biochimies, trop de langages différents… trop tout court. Car d’autres Bouches se sont ouvertes sur la terre ferme.
Par dizaines.

Laurent Genefort
« Rempart »

Sommaire

  • NOUVELLES INEDITES :
  • Trois hourras pour Lady Evangeline… par Jean-Claude DUNYACH (novella)
  • Miroirs mutilés par Claude ECKEN (nouvelle)
  • Rempart par Laurent GENEFORT (nouvelle)
  • RUBRIQUES ET MAGAZINE
  • Objectif Runes : les bouquins, critiques & dossiers
  • Le coin des revues, par Thomas Day
  • A la chandelle de maître Doc’Stolze : Crise (imméritée) dans la japanisation
  • Au travers du prisme : Laurent Genefort : Ou la tentation du livre-univers
  • 1. Panstructuralisme : un entretien avec Laurent Genefort, par Richard Comballot
  • 2. Bibliographie de Laurent Genefort, par Alain Sprauel
  • Scientifiction : Ouvrons la boîte de Pandora par Roland Lehoucq
  • Paroles de Nornes, par Org

Spécial Robert HEINLEIN

de Robert A. HEINLEIN, John VARLEY, Ugo BELLAGAMBA, Jeanne-A DEBATS, Jean-Louis PEYRE, Alain SPRAUEL, Thomas DAY, Pierre STOLZE, Éric PICHOLLE, Jean-Louis PEYRE

La femme avançait en trébuchant dans le long couloir, trop fatiguée pour courir. Elle était grande, pieds nus, et portait des vêtements déchirés qui n’auraient pu dissimuler sa grossesse très avancée.
La vue brouillée par la douleur, elle aperçut une lumière bleue familière. Un sas. Elle n’avait plus d’autre endroit où aller. Elle ouvrit la porte, la franchit et la referma derrière elle. Elle se tourna vers la porte extérieure, celle qui donnait sur le vide, puis se hâta d’actionner les quatre manettes de déverrouillage. Au-dessus de sa tête, une tonalité d’avertissement retentit, discrète et rythmique. La porte extérieure restait désormais fermée grâce à la pression de l’air dans le sas et il faudrait la verrouiller à nouveau pour débloquer la porte intérieure. Elle entendit du bruit dans le couloir, mais elle se savait en sécurité. Tenter de forcer la porte extérieure déclencherait assez d’alarmes pour attirer la police et le service de l’air.
Ce n’est qu’en sentant ses tympans éclater qu’elle s’aperçut de son erreur. Elle voulut hurler, mais son hurlement s’éteignit très vite quand le dernier souffle d’air se rua hors de ses poumons. Elle continua un certain temps à marteler sans bruit les parois métalliques, jusqu’à ce que le sang lui coule du nez et de la bouche. Le sang faisait des bulles. Au moment où ses yeux commençaient à geler, la porte extérieure pivota vers le haut, lui dévoilant le paysage lunaire…

John Varley
« L’Homme à la Cloche »

Sommaire

  • LES NOUVELLES DU NUMERO :
  • Vous les zombies… de Robert HEINLEIN
  • L’Homme à la Cloche de John VARLEY (prix des lecteurs Asimov’s 2004)
  • Le Représentant en éléphants de Robert HEINLEIN
  • LES RUBRIQUES ET LA PARTIE MAGAZINE :
  • Ballades sur l’Arc
  • – Objectif Runes : les bouquins, critiques & dossiers
  • – Le coin des revues, par Thomas Day
  • – A la chandelle de maître Doc’Stolze : Place aux dames ! par Pierre Stolze
  • Les Univers de Robert Heinlein
  • – Petite géo-biographie de Robert Heinlein, par Ugo Bellagamba
  • – Le secret de l’écriture de fiction spéculative, par Robert Heinlein
  • – A propos du Shakespeare de la science-fiction : un entretien avec John Varley, par Eric Picholle
  • – L’homme qui me vendit la Lune : Robert Heinlein et les juveniles, par Jeanne A-Debats
  • – Robert Heinlein raconte : l’histoire du futur, par Jean-Louis Peyre
  • – Les romans tardifs de Robert Heinlein : ou le monde comme mythe, par Eric Picholle
  • – Voyages aux frontières de l’espace : guide de lecture heinleinien
  • – Bibliographie des œuvres de Robert Anson Heinlein, par Alain Sprauel
  • Infodéfonce et vracanews
  • – Paroles de Nornes : pour quelques news de plus, par Org
  • – Razzies 2010 : le prix du pire, par Org, Phil, Professeur X & Cid Vicious

Bifrost n° 56

Publié: 11 mars 2010 dans La Revue Bifrost, Science Fiction

Spécial Jean-Marc LIGNY

de Olivier GIRARD, Jean-Marc LIGNY, Ted CHIANG, Don LORENJY

Saint-Pierre-les-Lys,
3 juillet 2080, 5 heures du matin.
C’est une vallée désertique, terre craquelée, arbres morts, pelade d’herbes jaunes moribondes. Sur les flancs ravinés des collines, des souches calcinées, de la caillasse, des broussailles épineuses et revêches, de la poussière qui volute au moindre souffle de vent. Les empreintes d’anciens champs, des vestiges de clôtures. Au creux de la vallée, quelques fermes en ruines gisent le long de routes défoncées, dont l’asphalte est réduit à l’état de plaques noirâtres. Sur les rives pierreuses d’une rivière asséchée s’étend un village, dont le centre est enclos d’une grossière palissade de tôles. Hors de l’enceinte, les maisons sont abandonnées, écroulées ou incendiées. Une zone artisanale en friche arbore les carcasses dénudées de bâtiments industriels, entourés de traces de parkings envahis de moisine, où achèvent de pourrir deux ou trois épaves de voitures sableuses et mangées de rouille. Au milieu du village, un pont effondré, rafistolé de bric et de broc, enjambe la rivière. Quelques panneaux solaires décatis s’étalent sur les toits des maisons. Quatre éoliennes de guingois tournent en grinçant. Surgissant au-dessus des collines pelées, le soleil se lève sur cette désolation, énorme, boursouflé. La journée s’annonce torride, comme d’habitude…

Jean-Marc Ligny
« Le Porteur d’eau »

Sommaire

  • INTERSTYLES
  • Le Porteur d’eau de Jean-Marc LIGNY
  • Viande qui pense de Don LORENJY
  • Exhalaison (prix Hugo 2009) de Ted CHIANG
  • CARNETS DE BORD
  • Objectif Runes
  • Retour sur l’horizon : du sense of wonder à la S-F métaphysique ? par Sylvie Denis & Roland C. Wagner
  • Le coin des revues, par Thomas Day
  • A la chandelle de maître Doc’Stolze : Du gros, du bancal et du réjouissant, par Pierre Stolze
  • Au travers du prisme : Jean-Marc Ligny : De Passion et de conviction
  • 1. Semeur de miracle : un (long !) entretien avec Jean-Marc Ligny, par Richard Comballot 2. Bibliographie de Jean-Marc Ligny, par Jean-Marc Ligny & Richard Comballot
  • Les Anticipateurs : Chapitre douzième : André Laurie
  • Où les fourmis sont privées d’humanité, par Frédéric Jaccaud
  • Scientifiction : Que le champ de force soit avec vous ! par Roland Lehoucq
  • Paroles de Nornes : pour quelques news de plus, par Org.

Bifrost n° 55

Publié: 11 mars 2010 dans La Revue Bifrost, Science Fiction

Spécial Roger Zelazny

de Olivier GIRARD, Roger ZELAZNY, Lucas MORENO,Thomas DAY, Pierre STOLZE, Richard COMBALLOT,Emmanuel BEAUJOT, Frédéric JACCAUD, Roland LEHOUCQ, ORG

Elle gît, couverte de givre, dans une grotte de glace. Sa pose est si inconfortable qu’elle pourrait lui avoir été soufflée par Rodin en personne : en partie appuyée sur son côté gauche, les épaules plaquées à la paroi, elle lève le coude droit au-dessus de la tête, la main pendue devant son visage. Sa jambe gauche est complètement enterrée.
[…]
Sous sa couche de glace, ce qui apparaît de ses traits n’est pas déplaisant, mais pas frappant de beauté non plus. Elle semble avoir une vingtaine d’années. De multiples fissures courent sur les murs et le sol. Au plafond, les stalactites chatoient tels des bijoux dans la lumière que les parois reflètent en un cycle infini. Le terrain présente une pente graduée, aussi la statue, en son point culminant, confère à tout l’endroit un vague air de tombeau. Quand parfois les nuages se fendent à la tombée du soir,
le couchant baigne sa silhouette d’un éclat rougeoyant.
[…]
Le tableau d’ensemble pourrait laisser croire qu’il s’agit là d’une pauvre infortunée prise au piège et morte de froid, plutôt que la statue de la déesse vivante qui se tient à l’endroit où tout a commencé.

Roger Zelazny
« Permafrost »

Sommaire

  • NOUVELLES INEDITES :
  • Permafrost par Roger ZELAZNY (prix Hugo 1987)
  • Demain les eidolies par Lucas MORENO
  • RUBRIQUES ET MAGAZINE :
  • Objectif Runes : les bouquins, critiques & dossiers
  • Le coin des revues, par Thomas Day
  • A la chandelle de maître Doc’Stolze : Question de Style, par Pierre Stolze
  • Du côté des beaux livres, par Richard Comballot
  • Les Univers de Roger Zelazny
  • Fantasy et Science-Fiction : point de vue d’un écrivain, par Roger Zelazny
  • Ambre et lumière : anatomie d’un cycle phare, par Emmanuel Beaujot
  • Voyage au pays de Mytheland : guide de lecture zelaznien
  • Construire un roman de Science-Fiction, par Roger Zelazny
  • Les Anticipateurs : Où la chirurgie démembre pour mieux incarner, par Fred Jaccaud
  • Scientifiction : Beam us up, Scotty ! par Roland Lehoucq
  • Paroles de Nornes : Landernau, par Org

Bifrost n° 54

Publié: 11 mars 2010 dans La Revue Bifrost, Science Fiction

Spécial Richard Canal

de Olivier GIRARD, Peter WATTS, Richard CANAL,Thomas DAY, Richard COMBALLOT, Frédéric JACCAUD,Roland LEHOUCQ, ORG

De toutes les assistantes de l’Institut, Y Lan était la seule à accepter de tenir la main des patients pendant le transfert. C’était toujours de vieilles gens au bout du rouleau et leurs vieilles mains sentaient la mort. La peau était tendue sur les cartilages, on aurait dit des pattes de perroquet, sèches et rugueuses.

Au début de son stage, Y Lan partageait l’aversion de ses collègues et il lui avait fallu du temps pour comprendre la beauté secrète de ces mains. Du temps et quelques souvenirs, à l’époque où les crues jetaient des branches à la porte de sa chambre, quand la maison de la famille Nguyen se trouvait au-dessus du niveau des eaux, quand Hanoï avait encore la force de résister au Fleuve Rouge…

Richard Canal
Anastasia

« Il n’était donc que justice de voir Bifrost, la revue des mondes imaginaires, offrir un forum à [Richard Canal], auteur très (trop ?) discret dans un entretien fleuve dont seul ce magazine a le secret. (…) On pourra enfin y lire « Une niche », magnifique nouvelle de Peter Watts, auteur de l’éblouissant Vision aveugle ! »
Fluctuat

Sommaire

  • Éditorial de Olivier GIRARD
  • Une niche de Peter WATTS
  • Anastasia de Richard CANAL
  • Objectif Runes
  • Le Coin des revues de Thomas DAY
  • Les Années de poussière : un entretien avec Richard Canal de Richard COMBALLOT
  • Bibliographie de Richard Canal
  • Les Anticipateurs : Où Mars attaque de Frédéric JACCAUD
  • Voyage au cœur de la matière de Roland LEHOUCQ
  • Paroles de nornes de ORG